Municipales 2026 : l’exemplarité ne peut pas être optionnelle

Il y a des faits qui ne devraient jamais être secondaires dans une élection.

Et pourtant.

En 2026, plusieurs candidats mis en cause ou condamnés pour des violences sexistes et sexuelles ont été élus ou reconduits.

  • À Boisseuil, Philippe Janicot a été réélu dès le premier tour alors qu’il est mis en examen pour plusieurs viols et ne peut plus résider dans sa commune. 
  • À Port-Vendres, Grégory Marty poursuivi par plusieurs plaintes de harcèlement sexuels est réélu. 
  • À Goudargues, Fred Mahler a été reconduit avant d’être condamné pour agression sexuelle. 
  • À Issy-les-Moulineaux, André Santini est réelu malgré des accusations de harcèlement et agression sexuelles. 
  • À Firminy, Marc Petit, condamné définitivement pour agression sexuelle, a été élu. 
  • Idem à Condat-sur-Vienne où Bruno Genest, condamné pour violences conjugales, a été élu au second tour. 
  • À Argenteuil, bien que battu, Yassin Zeghali s’est présenté malgré une condamnation pour des violences conjugales.
  • À Conflans-Saint-Honorine, Laurent Brosse  a brigué un 3eme mandat alors qu’il a définitivement été condamné pour violences, agression sexuelle, séquestration et harcèlement contre une ancienne conjointe. Il a été battu dans les urnes.

Cette liste n’est pas exhaustive et ils seraient plus d’une soixantaine en France.

Dans chacun de ces cas, les faits étaient connus. Et pourtant, ils n’ont pas empêché le vote.

Malgré les alertes, malgré les tribunes, malgré #MeToo, les violences sexuelles continuent d’être reléguées à l’arrière-plan du débat démocratique.

Pour les victimes : c’est une gifle.

Ce constat dérange car il ne dit pas seulement quelque chose des candidats. Il dit quelque chose de nous. Un maire n’est pas un élu comme les autres. C’est celui que l’on croise au quotidien, dans les associations, à la sortie des écoles, etc … Il est celui qui incarne la République au plus près. À ce titre, l’exemplarité ne peut être négociable.

Ces candidats et élus invoquent généralement la protection de leur “vie privée” concernant leurs condamnations ou leurs mises en examen. Mais les violences sexistes, sexuelles ou conjugales ne relèvent pas de la vie privée. Elles interrogent directement le respect des personnes envers les femmes, les enfants et donc la capacité à exercer une responsabilité publique.

On invoque aussi la présomption d’innocence. Elle est indispensable en droit. Mais la probité est une exigence politique. On peut être juridiquement présumé innocent, et pourtant ne plus être en situation d’incarner une fonction publique.

Ce qui se joue ici est donc une forme de tolérance collective. Comme si l’efficacité locale, la proximité ou le bilan pouvaient l’emporter sur l’intégrité. Comme si certaines violences pouvaient être reléguées au second plan.

Mais un élu donne l’exemple, respecte la Loi et la fait appliquer.

Depuis #MeToo, nous savons. Les faits ne peuvent plus être ignorés.

La question est désormais simple : quelle exigence voulons-nous pour celles et ceux qui nous représentent ?

Cécile FADAT

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