
C’est avec une profonde émotion que L’Assemblée des Femmes rend hommage à Yvette Roudy, fondatrice de l’association en 1992 et disparue le 18 août 2026 à l’âge de 97 ans. Son engagement indéfectible pour les droits des femmes, son courage politique et son héritage législatif ont marqué à jamais l’histoire de la lutte pour l’égalité en France.
Une vie de combat : de l’ouvrière à la ministre
Née Yvette Saldou le 10 avril 1929 à Pessac (Gironde), dans un milieu modeste, Yvette Roudy a connu une jeunesse marquée par la perte précoce de sa mère. À seulement 17 ans, elle devient dactylographe dans une conserverie bordelaise, avant de suivre son mari, Pierre Roudy, en Écosse. De retour en France, elle passe son baccalauréat en 1955 et s’installe à Paris, où elle rencontre Colette Audry, figure résistante, socialiste et féministe, qui l’initie au militantisme.
Dans les années 1960, elle s’engage au Mouvement démocratique féminin (MDF), un mouvement de gauche communiste, et en devient l’une des principales animatrices. En 1963, elle traduit La Femme mystifiée de Betty Friedan, un ouvrage fondateur pour le féminisme moderne, qui renforce sa conviction : les femmes doivent pouvoir vivre selon leurs propres aspirations. En 1965, elle fonde le journal La Femme du XXe siècle, dont elle assure la rédaction en chef.
Une carrière politique au service de l’égalité
Yvette Roudy rejoint le Parti socialiste (PS) et devient une proche de François Mitterrand. En 1979, elle est élue députée européenne, puis, en 1981, elle entre dans l’histoire en devenant la première ministre des Droits de la femme, un poste qu’elle occupera jusqu’en 1986.
Son passage au gouvernement est marqué par des avancées majeures :
- Le remboursement de l’IVG (1982), une mesure historique pour l’autonomie des femmes.
- La loi Roudy pour l’égalité professionnelle (13 juillet 1983), qui interdit les discriminations sexistes et instaure l’obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de publier un rapport annuel sur la situation comparée des femmes et des hommes.
Après son ministère, elle continue son combat en tant que députée du Calvados (1986-2002) et maire de Lisieux (1989-2001), où elle incarne une politique locale engagée pour la justice sociale et l’égalité.
Un héritage toujours vivant
Yvette Roudy a consacré sa vie à faire avancer les droits des femmes et à transformer la société par la loi. Son action a ouvert la voie à des générations de militantes et de politiques, et son nom reste associé à des réformes qui ont changé durablement la vie des femmes en France.
L’Assemblée des Femmes lui dit merci
Aujourd’hui, L’Assemblée des Femmes pleure une figure inspirante, mais son combat continue. Yvette Roudy, tu as été une pionnière, une bâtisseuse et une source d’inspiration pour toutes celles et ceux qui croient en une société plus juste. Ton héritage nous guide encore.
Les obsèques d’Yvette Roudy se tiendront ce mardi 25 août à 10h au cimetière du Montparnasse (Paris 15e). Nous commémorerons sa mémoire lors de notre Université féministe des 17 et 18 octobre prochains.



