Le 8 mars 2020 à Marseille : Construire la sororité et lutter contre le patriarcat !

Des milliers de personnes ont répondu le 8 mars à l’appel de nos 16 organisations, qui depuis des mois préparaient ce rassemblement, avec le soutien des syndicats et des partis politiques

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Le 8 mars 2020 à Marseille : Construire la sororité et lutter contre le patriarcat !

Des milliers de personnes ont répondu le 8 mars à l’appel de nos 16 organisations, qui depuis des mois
préparaient ce rassemblement, avec le soutien des syndicats et des partis politiques. Des femmes et
des hommes de toutes générations ont marché pour affirmer leur détermination et lutter pour l’égalité
entre les femmes et les hommes. Derrière nos banderoles et au son de la batucada, nous avons rappelé
que la lutte est internationale. Partout, les femmes se mobilisent contre les oppressions patriarcales,
politiques et religieuses et nous nous associons à chacune de ces luttes.

Aujourd’hui, nous souhaitons dénoncer les violences qui ont été exercées une nouvelle fois à Marseille
comme à Toulouse, Paris, ou Bruxelles. Des groupuscules violents profitent des manifestations contre
les violences faites aux femmes, pour attaquer les femmes qui ne partagent pas leurs positions. Des
survivantes de la prostitution et des représentantes d’associations qui accompagnent les personnes
en situation de prostitution, en particulier le Mouvement du Nid, ont été menacées, parfois frappées,
et leurs pancartes arrachées.

Ces faits ne sont pas anecdotiques, ils se répètent et s’intensifient. Ils sont graves.

Notre féminisme est politique. Nous luttons pour une profonde révision des rapports entre les sexes
au travers du projet d’égalité entre les femmes et les hommes. C’est pourquoi nous sommes si
violemment combattues par les forces conservatrices et rétrogrades, encore très largement à l’œuvre
dans notre société.

Certain.es en faveur de thèses racistes et xénophobes refusent de reconnaître le caractère systémique
des inégalités. D’autres tentent de disqualifier nos luttes, les tournent en dérision, transformant le 8
mars en une journée de fête où l’on offre fleurs ou sous-vêtements. Certain.es enfin détournent les
mots et concepts de choix et de liberté, au mépris des violences infligées aux femmes. Toutes ces
forces relèvent du patriarcat.

Nous affirmons fermement notre désaccord avec ces projets de société inégalitaires qui voudraient
légitimer la marchandisation des corps au nom d’un libéralisme sauvage.

Revendiquer le libre choix de vendre un acte sexuel, c’est admettre qu’il existe des hommes attachés
à la conservation du privilège du libre accès au corps des femmes et des filles réduites au statut de
marchandise. Les associations qui soutiennent cette idée sont incompatibles non seulement avec le
féminisme, mais aussi avec la loi. Rappelons que la France, pays abolitionniste de la prostitution, a
renforcé ce choix de société en 2016, par une loi qui vise à protéger les personnes en situation de
prostitution et à pénaliser les proxénètes et les « clients » à l’origine de ce système féodal de traite
humaine.

Nous, féministes, appelons à rester mobilisé.es, au côté de celles qui sont les plus opprimées par le
patriarcat car pauvres, isolées, victimes du racisme ou en situation de prostitution.

Signataires : L’Assemblée des femmes, Femmes Solidaires Marseille, Osez le féminisme !13, Marche
Mondiale des Femmes PACA, Mouvement de la Paix, Mouvement du Nid, Centre Evolutif Lilith.
Attac Marseille, Jeunes Femmes, L’Amicale du Nid.

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